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Commande publique : le dérèglement silencieux qui pénalise l’industrie française

Enquête après enquête, le constat s’impose : la commande publique s’égare, se renchérit et se détourne des fabricants qui produisent réellement en France.

L’enquête récemment menée par Ouest-France agit comme un révélateur brutal d’un dysfonctionnement que beaucoup pressentaient déjà. Les exemples mis en lumière sont aussi frappants que préoccupants :
– une bouilloire commercialisée 35 euros chez le fabricant se retrouve facturée 60 euros dans les circuits de la commande publique ;
– une machine à café vendue 60 euros dans le commerce se voit proposée à 160 euros à une mairie ;
– un fauteuil acheté 90 euros par un client privé est revendu 260 euros au secteur public.

Ces écarts ne relèvent pas d’une simple dérive ponctuelle. Ils semblent désormais traduire un mécanisme profondément enraciné. À quel moment a-t-on considéré que l’argent public pouvait être mobilisé au prix fort, sans justification transparente, et au détriment à la fois des contribuables et des fabricants qui produisent réellement sur le territoire national ?

Opacité des circuits et inflation artificielle des prix

Selon les éléments révélés, le problème dépasse largement la question technique des appels d’offres. Il devient systémique. La succession des intermédiaires — distributeurs importateurs, centrales d’achat appliquant leurs propres marges, opérateurs difficilement identifiables — entretient une chaîne complexe où se cumulent surcoûts et zones d’ombre. Le résultat est sans appel :
– des prix artificiellement gonflés,
– une absence de lisibilité sur l’origine réelle des produits,
– des dépenses publiques qui échappent au contrôle clair que les citoyens sont en droit d’attendre.

Cette mécanique, qui favorise la dilution des responsabilités, crée un environnement où la fabrication nationale se trouve reléguée aux marges. Les entreprises industrielles françaises, malgré leur savoir-faire, leur ancrage territorial et leurs engagements sociaux, peinent à accéder à des marchés verrouillés par des catalogues dont les références proviennent majoritairement d’acteurs n’ayant parfois en France qu’une simple adresse postale.

« Cela suffit » : la prise de position d’Origine France Garantie

Face à cette situation, la certification Origine France Garantie exprime une position ferme. Elle appelle à une réforme immédiate de la commande publique afin de mettre un terme à ce brouillage généralisé. Les demandes sont claires :
– identifier précisément les fabricants dans les appels d’offres ;
– lever l’opacité qui entoure les circuits d’achat ;
– rétablir des prix justes et compréhensibles ;
– ouvrir réellement l’accès de la commande publique aux entreprises produisant en France.

La question n’est plus de savoir s’il est possible de mieux faire, mais de savoir jusqu’à quand la puissance publique acceptera de payer plus cher des produits dont l’origine demeure incertaine, tout en marginalisant ceux qui fabriquent sur le territoire.

Les attentes : transparence, justice et cohérence publique

Les citoyens expriment une demande croissante de visibilité sur l’usage de l’argent public. Les fabricants français réclament quant à eux un traitement équitable. La puissance publique, dans ses achats, se trouve désormais face à une responsabilité stratégique : celle d’encourager une économie fondée sur la qualité, la traçabilité et la souveraineté industrielle.

Origine France Garantie réaffirme sa détermination à poursuivre ce combat. Soutenir la production française n’est pas un choix accessoire, mais une condition essentielle de la vitalité économique du pays.

Cette affaire illustre un paradoxe structurel : au moment même où la réindustrialisation est proclamée comme une priorité nationale, la commande publique — l’un des leviers les plus puissants de l’État — demeure largement déconnectée des objectifs de soutien à la production française. Les surcoûts observés témoignent non seulement d’une inefficience économique, mais aussi d’un risque de découragement pour les industriels qui investissent, innovent et recrutent sur le territoire.
Si la puissance publique souhaite réellement jouer son rôle moteur, elle devra faire de la transparence une norme et non une exception, et considérer les fabricants français non comme des spectateurs d’un système verrouillé, mais comme des partenaires légitimes de l’intérêt général.